Initiation à la peinture chinoise

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Si comme moi, vous êtes amateurs de peinture en général et de peinture asiatique en particulier et qu’il vous arrive sans prétention de jouer occasionnellement du pinceau, de titiller la toile, la badigeonner des teintes que vous avez miraculeusement réussi à obtenir sur votre palette….. cet article est susceptible de vous intéresser….

Sensible à la peinture chinoise, à ses subtiles nuances de teintes, ses formes gracieuses et raffinées, sa poésie, son histoire, son approche philosophique….. je cherchais en effet, depuis longtemps un stage qui me permettrait  de m’initier à cette technique, sans complexe, sans tabou…
C’est chose faite avec les ateliers proposés par le Musée Guimet que je vous invite à découvrir …

Le stage que j’ai suivi était animé par Mr Wong Wa, diplômé de l’école des Beaux Arts de la République Populaire de Chine. Il est sculpteur, peintre et calligraphe. A été professeur à l’école des Beaux Arts de Hong Kong et vit et travaille à Paris depuis 1984.
Il y enseigne la calligraphie et la peinture chinoise au sein de diverses écoles et institutions dont le Musée Guimet ! Il expose régulièrement. Son art est un art métissé et vivant car né d’un incessant aller-retour entre l’Orient et l’Occident comme l’illustrent, entre autres, les toiles qui situent ses personnages à Paris. Un traitement esthétique que j’apprécie beaucoup et qui n’est pas sans me rappeler le travail « entre impressionnisme et japonisme » d’Henri Rivière !

Cet homme a l’art de vous mettre à l’aise, de faire sortir « l’artiste » qui sommeille en vous même s’il dort très profondément !
Bienveillant mais sans complaisance il vous guide et vous mène à des résultats que vous ne soupçonneriez pas…

Chaque stage est proposé autour d’un thème. Pour ce qui était de mon stage, le sujet était le Lotus. Lotus épanoui, en bouton, isolé à la surface de l’eau ou mêlé à d’autres motifs aquatiques… Le lotus est tout à la fois un symbole religieux, un motif de bon augure et un thème pictural aux multiples traductions stylistiques. Ses variantes sont infinies et chacun peut y exercer sa créativité.
Un magnifique thème très inspirant qui m’a permis de prendre toute la mesure de la tâche…
Le pouvoir absorbant du papier ne laissant en effet, que très peu de place à l’erreur, il faut être précis, à la fois rapide et patient. Dans cette technique d’aquarelle chinoise, le pinceau doit amoureusement caresser le papier de riz pour permettre à la peinture de se diffuser et à la forme de se métamorphoser en pétale, tige ou feuille…
L’harmonie de cette peinture ne réside pas uniquement dans le résultat sur la feuille mais dans le geste tout entier, de la fusion entre ce geste et la pensée. Il suffit de regarder les Maîtres faire pour s’en convaincre…

Au delà de l’aspect esthétique c’est donc également dans la démarche pour y parvenir que réside mon attrait pour cette pratique artistique.
J’apprécie la façon dont cette peinture explore le monde avec tout autant de précision que la peinture occidentale sans pourtant figurer fidèlement la réalité. Elle procède de techniques particulières dont le mouvement du pinceau bien sûr et l’utilisation de l’encre très éloignés de notre peinture plus soucieuse des effets d’ombres et de lumière. A partir de quelques traits d’une grande sobriété, les artistes asiatiques font naître tout un univers doué d’une vie étonnante : montagnes, cascades, oiseaux, effets de brume… où il n’est pas rare que l’homme soit réduit à une simple « tâche », noyée dans la nature, perdu dans le grand tout quand dans la peinture occidentale il est fréquemment campé au premier plan reléguant le paysage à l’arrière plan…
Mais il ne faut pas se fier aux apparences, même l’œil occidental finit par fixer son regard sur ce petit « bonhomme » et se mettre à sa place contemplant le paysage à partir de sa position, une position souvent « stratégique » autour de laquelle tout s’organise…
C’est ainsi que le Chinois conçoit notre place au sein de l’univers. On a l’air perdu, complètement ignoré de cet univers vivant. Et pourtant le ciel étoilé, le soleil couchant, c’est nous qui les observons. Donc, nous sommes bien là, notre rôle, c’est d’être l’œil éveillé et le cœur battant de l’univers !
L’artiste représente ainsi les idées essentielles, ainsi que ses émotions, sous une forme condensée. Pour cette raison, l’art de l’illusion et de la suggestion est prédominant.

Calligraphie et peinture sont indissociables en Chine. « Ecrire » et « peindre » sont un seul et même mot dans la langue chinoise et un dicton chinois dit que « peindre revient à écrire une image ».
La peinture chinoise est un « poème muet », un art de peindre-écrire né il y a plus de 3000 ans. Les plus anciennes peintures à l’encre, sur soie, sont, en effet, retrouvées dans des tombeaux du IIIème siècle avant J.C.

Quelques précisions techniques…

Le papier
Le papier le plus souvent  utilisé en peinture chinoise est le papier Xuan (de la ville de Suancheng en Chine). Il est souvent composé de chanvre ou de lin. En occident, on lui a donné le nom de « papier de riz »… D’autres papiers peuvent être composés principalement  d’écorce de mûrier  (Mulberry) ou de bambou (appelé Mao Bian). Tous ces papiers offrent différents degrés d’absorption, les effets obtenus ne seront donc pas les mêmes. Sur un papier très absorbant l’encre se diffuse très vite, il faut donc travailler par touches rapides.

La couleur
La couleur utilisée dans la peinture chinoise est une aquarelle spéciale qui contient davantage de liant que dans les aquarelles occidentales. Elle adhère beaucoup plus au papier : une fois sèche, elle ne se diluera pas au contact de l’eau. De nombreuses peintures chinoises ont traversé des dizaines de siècles pour nous parvenir aujourd’hui en parfaite condition.

 

Le Sceau
A l’origine, le sceau authentifiait un document officiel. Il attestait aussi de la propriété d’un livre ou d’un objet.
Pièce de collection par ailleurs, il était prisé et donnait à une peinture d’autant plus de valeur que le propriétaire y apposait des sceaux de grande qualité… parfois jusqu’à saturation !
Pour ce qui est de la création d’une peinture chinoise, celle-ci ne serait pas complète si elle n’était accompagnée de sceaux judicieusement apposés dans les coins ou les espaces vides. Les sceaux contribuent à l’équilibre de la composition. Ils ont valeur de symbole. Le sceau sur lequel est gravé le nom de l’artiste est carré. Les sceaux énonçant une maime ou une phrase poétique sont de formes variées. Les sceaux sont gravés à la main et fabriqués à partir de : stéatite, jade ou marbre…

Si je suis parvenue à attirer votre attention sur cette discipline et si vous souhaitez en apprendre davantage, je vous invite à aller jeter un oeil  ici
Personnellement, j’ai déjà pris date pour un nouveau stage en juin…

MUSEE GUIMET
6, place d’Iéna – 75116 Paris
Réservation obligatoire: resa@guimet.fr ou au 01 56 52 53 45


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