Crowdfunding, pour qui, pourquoi, comment ?

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous ma petite expérience de ce modèle de financement, non pas en tant que porteuse de projet (en tous les cas, pas pour le moment !!!) mais en tant que « fervente supportrice » depuis quelques années déjà …

La plupart d’entre vous connaisse mais pour ceux qui se demandent encore à quoi correspond ce « terme barbare », voilà quelques éclaircissements et pistes qui pourraient vous donner envie de devenir un futur « crowdfunder » 😉 !!

Dans le processus engagé de développement d’une économie participative plus solidaire, plus ciblée, moins énergivore qui rapprocherait les gens les uns des autres, le principe du crowdfunding constitue un pilier incontournable. Ce modèle économique de financement participatif n’est certes pas si nouveau mais prend tout son sens et toute sa dimension avec internet qui le rend déclinable à l’infini avec le développement de nombreuses plates-formes dédiées !
Ce principe met en relation des entrepreneurs, porteurs de projet, des créatifs en mal de trésorerie avec des investisseurs ou des donateurs qu’ils soient particuliers ou professionnels. Ce mode de financement dit « désintermédié » se fait sans l’aide des acteurs traditionnels du financement. Plus que l’aspect « pratique » du système, cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus global, celui de la consommation collaborative

Si ce modèle a le grand intérêt d’aider à trouver des financements, il a par ailleurs l’avantage de permettre des transactions mettant en relation des personnes physiques, pour s’entourer, se faire conseiller, se soutenir et développer une relation financière basée sur d’autres critères que la recherche unique de profit !!!
Si vous avez l’intention de lancer un produit à tester sur le marché, il est, en effet, intéressant d’avoir en tête que certaines plateformes de financement participatif vont plus loin que la simple levée de fonds, et constituent un moyen de tester son idée auprès d’une communauté d’internautes. Ainsi une plate-forme telle que Z’entreprendre vous donne la possibilité de tester la faisabilité de votre projet et de pré-vendre votre produit ou service auprès d’une communauté qui saura le soutenir.

Essayons d’y voir plus clair …

Il existe cinq formes de transactions …

  • Le prêt entre particuliers, de la simple cagnotte entre amis et connaissances (leetchi, lepotcommun) au crédit communautaire (peer-to-peer lending) ce modèle consiste en des prêts d’argent entre particuliers. Ce système proche de celui des banques mutualistes ou du microcrédit développé par Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, a pour but de permettre à toute personne désireuse de prêter ou d’emprunter de le faire directement entre particuliers et de s’affranchir des intermédiaires bancaires même si ces plate-formes exercent généralement avec l’accord d’une banque partenaire pour assurer la transparence des opérations (Ex : Prêt d’Union, Hello merci, Prêt de chez moi en Rhône Alpes…).
  • Le financement participatif en capital permet une prise de participation en actions dans les entreprises financées et une rétribution financière via les dividendes et la plus-value potentielle réalisée (exemple en France : Happy Capital, Smartangels, Anaxago, Wiseed, Afexios, MyMicroInvest). Les investisseurs deviennent alors actionnaires.
  •  Le don
    – Sans contrepartie concerne le plus souvent des projets associatifs. Il existe depuis toujours mais a pris une toute nouvelle dimension avec internet comme le démontre l’incroyable succès de la plate-forme Hello Association … Dans certains cas, l’association fait un geste symbolique en retour (dont la valeur n’a strictement rien à voir avec le don) dit contre-don.
    – Avec contrepartie. Dans ce deuxième cas, le donateur reçoit en contrepartie une rétribution non monétaire mais proche de la valeur du don collecté (Ulule, Kisskissbankbank...). C’est ce que j’ai personnellement expérimenté en soutenant la création du spectacle « Bolling et moi » sur KissKissbankbank…
  •  La production communautaire, modèle où les investisseurs sont aussi co-producteurs (Exemple : Myfashionline, My Major Company, Touscoprod, les éditions Sandawe). Il s’agit d’un intéressement financier sous forme de royalties sur les futures recettes. Une contrepartie non financière est également souvent envisagée (album, goodies, invitations, etc.).
  •  Le microcrédit solidaire (Babyloan, Bluebees ou MicroWorld). Personnellement j’ai expérimenté Bluebees en participant au financement de la production d’une miellerie au Cameroun et j’ai renouvelé l’expérience avec un projet de récolte de noix de cajou au Salvador. Cette jeune plateforme est en ligne depuis décembre 2012.

…et le nombre croissant de secteurs d’activité faisant l’expérience de la production communautaire se traduit par le développement de plateformes « spécialisées » aux côtés des sites généralistes : la mode, des commerces de proximité, la musique, le cinéma, la presse…

Myfashionline propose aux internautes de soutenir, en échange de contreparties, des projets créatifs et exclusifs en lien avec la mode.
Des plateformes accompagnent des porteurs de projets citoyens, de proximité tels des commerces indépendants (bars et restaurants inclus), artisans et associations de quartier qui ont de plus en plus de mal à faire face aux franchises, à la montée des loyers et qui sont confrontés à la frilosité des banques. Depuis janvier 2012, Bulb in town propose aux porteurs de projets d’impact économique et/ou social local de faire appel au grand public pour se financer, communiquer et créer une communauté d’ambassadeurs autour de leur projet et établissement. Voici un bel exemple de projet en cours de financement auquel je ne saurais que trop vous suggérez de participer 😉 !!! Des chaussures « Made in France » et sur-mesure dont de superbes et confortables chaussures de tango grâce au projet Libellune de Clotilde.
Le cinéma compte également ses propres sites de production communautaire. Parmi eux, la principale plate-forme Touscoprod mais aussi Mydorcel.com pour ceux que le X inspirerait ;-).  Indiegogo propose aussi des co-productions dans le cinéma. En 2012, le documentaire Inocente a été le premier film à financement participatif à recevoir un oscar. Personnellement, j’ai participé au financement d’un documentaire d’Eric Jarno « Poco Ritenuto » : un très bel hommage à l’orchestre de séniors Vent’âge…), via le site de Touscoprod.
Le spectacle vivant et la musique ne sont pas en reste, MyMajorCompany reste la plateforme la plus connue dans le domaine musical mais il existe d’autres sites tels monprojetmusiqueet dans le secteur du spectacle vivant, MyShowMustGoOn défrichait le terrain fin 2009 en proposant aux internautes de coproduire des pièces de théâtre dont Promenade de santé, avec Mélanie Laurent.
Les domaines de l’édition et de la presse font également appel aux internautes, respectivement Sandawe et Mymajorcompanybook pour l’édition et notamment, l’incontournable Mediapart pour la presse, qui revendique son indépendance financière justement grâce à ce modèle économique. L’immobilier, quant à luiest un secteur en expansion dans le financement participatif. La principale illustration en France est Lymo.fr qui propose de l’investissement sous forme d’achat de parts d’un immeuble avec rendement locatif.
Enfin, plus anecdotique et hors de l’hexagone, certaines plateformes proposent de participer au financement de futurs champions de sport ou accompagner des projets dans le domaine des sciences citoyennes et de la recherche scientifique.

Voilà donc quelques pistes qui vous donneront peut-être envie d’investir d’une manière très concrète et bien plus « ciblée ». Personnellement je ne vois que des avantages à opter pour ce mode d’investissement. Attention néanmoins à certaines plate-formes qui peuvent prendre des commissions assez importantes.
Sinon, dans l’ensemble, exception faite de certains sites de financement en capital, pas besoin d’avoir des sommes importantes à investir mais surtout l’envie d’accompagner des projets qui nous tiennent à coeur, qui correspondent à notre sensibilité ou qui répondent directement à nos propres besoins !!!
Un mode de financement qui a le grand mérite, par ailleurs, de permettre le soutien de projets de petite taille qui ne reçoivent la plupart du temps aucune écoute de la part des banques et autres organismes de crédit….

Alors, à vos tirelires, prêts, financez !!


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