OBSERVATION DES BALEINES A BOSSE en Polynésie

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MISSION DE CONGÉ SOLIDAIRE AVEC PLANETE URGENCE
Si je vous dis « Paradis sur terre », « Perle du Pacifique », « Eden », vous pensez bien à la même chose que moi, non ?
Tahiti et ses îles, la Polynésie, cette destination où jeune fille, nous avons presque toutes rêvé de nous envoler un jour en lune de miel, non ???… Malheureusement ou heureusement … il y a bien longtemps que j’ai abandonné l’idée d’y vivre ma Lune de Miel…
Par contre pas celle d’y traîner un jour mon paréo et mes tongs !!!

Et c’est une nouvelle fois Planète urgence qui va me donner l’opportunité de découvrir cette destination magique d’une façon encore plus magique …
Poursuivant dans ma lancée à essayer de mieux comprendre notre nature et contribuer à mon humble niveau à sa préservation, forte de ma première expérience réussie à leur côté l’an dernier, au Zimbabwe, me voilà prête à m’envoler pour cette nouvelle mission..

Après quelques 25 heures de voyage, j’atterris  à Huahine, dans l’archipel des Iles sous le vent, à 40 min de vol de Tahiti, prête à vivre une nouvelle expérience inoubliable, non pas aux bras d’un tout jeune époux donc, mais aux côtés de baleines à bosse…
Le charme n’est à priori pas le même mais je vous assure que, contre toute attente, nager à quelques mètres de cet imposant mammifère, fixer son regard bienveillant, l’admirer se mouvoir avec tant de grâce et de légèreté et entendre son chant venu d’un autre monde vous séduit à tous les coups et pour longtemps, très longtemps !!

Nous sommes quatre volontaires dans cette mission qui va durer quinze jours.
Aux côtés de Pamela et Alain, responsables du GEMM (Groupe d’Etude des Mammifères Marins), nous allons donc apprendre à observer les cétacés, participer à leur identification, relever des échantillons de peau, prendre des photos et vidéos, enregistrer les chants localisés, tout ça à bord de leur bateau sur lequel nous embarquons tous les jours ou presque en fonction des conditions climatiques.
Nos fonctions à tour de rôle, sont : « preneur de son » (en charge de plonger le micro ou hydrophone jusqu’à 10 m de profondeur et d’une portée d’environ 35 km), « bioman » (en charge de plonger dans l’empreinte d’une baleine qui vient de sauter pour récupérer des échantillons de peau avec une épuisette), « assistant skipper » (comme son nom l’indique !!) et « scribe » (en charge de noter tout ce qui se passe lors de la sortie, toutes les observations, les horaires et localisations GPS).

Exemple d’une journée type, sachant qu’elles étaient toutes très différentes bien entendu, fonction de la météo et surtout de la fréquentation plus ou moins dense des cétacés :
Le départ 8h30 s’effectue sous une météo clémente (beaufort 1), la mer est presque d’huile… Environ ¾ d’heure après notre départ, nous arrêtons le bateau pour rechercher le chant d’une baleine. Notre ingénieuse du son en chef, Cindy branche le matériel et plonge l’hydrophone. Euréka, le casque à peine posé sur ses oreilles, elle nous annonce qu’elle détecte quelque chose. En effet, Pamela vérifie et met le haut-parleur afin que tous, sur le bateau, nous puissions profiter de ces superbes vocalises ! Ces sons longs et complexes, formés d’une répétition de séquences mélodiques sont très agréables à l’oreille et ne nous laissent pas indifférents, on aimerait savoir, comprendre ce qu’ils signifient… Pamela et Alain nous expliquent qu’il reste encore beaucoup de mystère pour les scientifiques autour de ces chants …
Quelques milles plus loin, c’est à un ballet de dauphins Sténo (aussi appelés « à bec étroit ») qu’il nous est donné d’assister. Très dispersés et occupés à chasser apparemment, vu leur comportement à marsouiner à la surface de l’eau et la présence de fous bruns autour, à l’affût de poissons volants manqués par les dauphins !
Nous poursuivons notre route vers le Sud avec l’idée de retrouver nos baleines d’hier. Pamela et Alain pensent en effet que l’une des deux baleines est peut-être gestante car elle était apparemment bien large. Qui sait, si nous pouvions assister à une naissance ou tout du moins voir le baleineau dans ses premières heures de vie !!
Nous sommes néanmoins arrêtés dans notre dessein par un superbe spectacle de trois baleines particulièrement « actives ». Apparemment agacées, elles sont très agitées et nous enchantent par une série de jeux d’eau acrobatiques giflant la surface de l’eau avec leurs queues et leurs nageoires… Pamela pense qu’il s’agit d’une femelle entourée de deux mâles concurrents qui déploient leurs atouts de séduction… Nous assistons donc à une série de « Pecslapping » (coups de nageoire), « tailslapping » (coups de queue) et autres mouvements impressionnants, manœuvre d’intimidation à l’endroit du concurrent pour certains et probablement démonstration de séduction à l’intention de la femelle pour d’autres…
Nous en prenons plein les yeux, c’est magique !!

Et cette journée n’aura pas été la plus intense !!!

Lors de deux autres sorties, nous avons, en effet, eu l’opportunité de côtoyer de très, très près les mammifères… et jamais je n’aurais imaginé pouvoir nager à moins d’un mètre d’une baleine…
Dès le premier jour, en charge de relever des échantillons de peau, je me suis retrouvée à l’eau en quelques minutes et concentrée sur ma tâche, n’ai pas réalisé tout de suite que la baleine était juste au dessous de moi à quelques 10 mètres !! Elle dormait, paisible …
Mais c’est le dernier jour que la rencontre avec l’une d’entre elle a été la plus intense. Pendant presque une heure, nous avons pu l’observer sous l’eau. Elle dormait sous notre bateau et nous sommes restés à ses côtés pendant trois apnées. C’était fantastique de la voir remonter prendre l’air à la surface de l’eau, majestueuse, légère malgré ses quelques 30 tonnes et au moins 12 mètres de long… Elle nous observait tout autant que nous, bienveillante… Un moment unique…

D’autres moments ont été magiques, surréalistes pendant ces 15 jours, je pense notamment à cette fois où lors de la plongée de l’hydrophone, un chant parfaitement audible et d’une très bonne qualité s’est échappé du haut-parleur. Le chanteur était tout prêt, c’était sûr. Nous avons donc plongé pour écouter la puissance du chant sous l’eau, c’est incroyable, presque « effrayant », on est tout entier enveloppé par ces sons d’un autre monde… Génial !

Nous sommes donc tous rentrés la tête pleine d’images et de souvenirs que nous ne sommes pas prêts d’oublier, je pense aussi à cette rencontre avec un requin soyeux, ces couchers de soleil grandioses sur Faré, tous ces paysages sublimes, la convivialité des moments partagés avec toute l’équipe sur le bateau mais aussi les difficultés à repérer les mammifères malgré une observation acharnée de la surface de l’eau !!!
Eh oui, il est malheureusement rare que nos yeux de volontaires encore peu aguerris à cet exercice arrivent à repérer les cétacés… Ça pourrait paraître simple mais rien ne ressemble plus à une nageoire de baleine que le mouvement de la houle sur la surface de la mer… Il faut de la pratique pour que l’œil s’habitue et puisse repérer les souffles qui sont les indicateurs essentiels de la présence d’une baleine … Pamela et Alain sont incroyables, aucun cétacé semble leur échapper !!!

Cette mission nous a beaucoup appris sur les cétacés en général et les baleines à bosse en particulier, leur remarquable intelligence, leur élégance, leur comportement, leur migration, leurs moyens de communication… Des espèces étonnantes, qui, il y a quelques millions d’années, après un passage sur terre ont finalement opté pour un retour en milieu marin…

Nous ne sommes décidément pas grand chose face à ces êtres incroyables. Difficile d’imaginer la puissance de ces baleines à bosse, ces grandes voyageuses qui parcourent, chaque année entre juillet et novembre, pas moins de 7000 kms depuis l’antarctique pour « se réfugier » dans les eaux chaudes de la Polynésie où les femelles viennent, notamment, mettre bas et allaiter leurs baleineaux en toute sérénité, ou presque…Car durant leur passage le long des côtes polynésiennes, elles offrent un spectacle saisissant qui attire nombre d’amateurs, de passionnés et autres touristes de passage…
L’industrie touristique locale exploite ce phénomène et de nombreuses sociétés de « whalewatching » en tirent des bénéfices non négligeables depuis plusieurs années… Un développement « anarchique » qui s’est fait au détriment des mammifères marins, sans réelle conscience des effets néfastes qu’il pouvait avoir sur leur mode de vie et sur l’écosystème dans sa globalité…
Des associations de défense de la faune sous-marine et les autorités locales dans une certaine mesure se sont mobilisés pour freiner le processus, ce qui s’est traduit par la création en 2002 d’un sanctuaire faisant de la Polynésie Française une des plus grandes aires de protection au monde pour les mammifères marins… Mais le chemin à parcourir est semé d’embûches car la sauvegarde et la préservation de l’écosystème font difficilement le poids face aux retombées économiques des activités liées à l’observation de ces mammifères…
Le GEMM fait donc partie de ces acteurs de terrain indispensables à l’accompagnement de la préservation des cétacés. En les observant, en travaillant à leur identification pour répertorier les nouveaux venus et les individus qui reviennent, en suivant l’évolution de leur comportement en présence ou non de bateaux, en informant les autorités compétentes et les différents publics des évolutions, des changements enregistrés, il permet d’évaluer l’impact des pressions humaines, d’alerter si besoin, de sensibiliser et de limiter les abus.

J’ai pris beaucoup de plaisir et retiré beaucoup de satisfaction à participer à mon humble niveau à cette nouvelle aventure même si je reste consciente et toujours un peu frustrée que ce travail ne représente qu’une goutte dans l’océan…
De plus en plus consciente de l’ampleur des enjeux dans le domaine, je salue la patience, le courage et l’indéfectible motivation de toutes ces associations qui œuvrent au quotidien et sans relâche à la préservation de la faune dans le monde…

Un grand merci encore à Pamela et Alain et bonne continuation à eux !


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